31 décembre 2009

2010




Prise à Limoges, "la rampe"

Bonne et heureuse année 2010 à tous, mème si cela fait un peu double emploi avec la photo.
(ce n'est pas une pub pour "Mario Bros" de Nintendo, mais ce pourrait bien être la princesse Peach...)

30 décembre 2009

le chemin du retour - way back home




Prise le 27 décembre à 10H à Jabreilles-les-Bordes

Les bois sont transparents et silencieux. Une branche qui craque; le chant d'un oiseau qui se trompe de saison, rien d'autre ne vient distraire le promeneur transi de froid qui se hâte sur le sentier en pensant au bon feu et au repas qui l'attendent au bout du chemin.

28 décembre 2009

sombre hiver - dark winter




Prise le 27 décembre à 10H30 à Jabreilles les Bordes

Voici des jours que le soleil ne se lève plus - ou si peu. La neige est tombée brièvement, ce matin, Mais on dirait qu'elle n'a pas fondu, plutôt, elle s'est condensée en une brume duveteuse qui reste là, prisonnière des arbres, à moins que les arbres ne soient ses prisonniers.

16 décembre 2009

sombre ciel - dark sky




Prise le 18 octobre à 9H

Un pessimiste y verrait un mauvais présage, un optimiste une promesse de beau temps et des nuages qui s'enfuient. Le photographe y voit plutôt une lumière intéressante, plus intéressante en tout cas que le ciel uniformément gris de ces derniers week-ends qui aplatit les paysages, sans même un peu de brume pour leur conférer un soupçon de mystère. Point de photo récente, donc, et un rythme à la ressemblance de ce temps maussade. Toutefois, le froid s'installe, apportant quelque espoir -de neige, peut être ?

08 décembre 2009

Ombre - Darkness




Prise le 5 décembre à 22H au Bugue

Douze magiciens dansaient une ronde sous la grosse cloche de Saint-Jean. Ils évoquèrent l'orage l'un après l'autre, et du fond de mon lit je comptai avec épouvante douze voix qui traversèrent processionnellement les ténèbres.

Aussitôt la lune courut se cacher derrière les nuées, et une pluie mêlée d'éclairs et de tourbillons fouetta ma fenêtre, tandis que les girouettes criaient comme des grues en sentinelle sur qui crève l'averse dans les bois.

La chanterelle de mon luth, appendu à la cloison, éclata; mon chardonneret battit de l'aile dans sa cage; quelque esprit curieux tourna un feuillet du Roman de la Rose qui dormait sur mon pupitre.

Mais soudain gronda la foudre au haut de Saint-Jean. Les enchanteurs s'évanouirent frappés à mort, et je vis de loin leurs livres de magie brûler comme une torche dans le noir clocher.

Cette effrayante lueur peignait des rouges flammes du purgatoire et de l'enfer les murailles de la gothique église, et prolongeait sur les maisons voisines l'ombre de la statue gigantesque de Saint-Jean.

Les girouettes se rouillèrent; la lune fondit les nuées gris de perle; la pluie ne tomba plus que goutte à goutte des bords du toit, et la brise, ouvrant ma fenêtre mal close, jeta sur mon oreiller les fleurs de mon jasmin secoué par l'orage.


Aloysius Bertrand - La ronde sous la cloche.

05 décembre 2009

La gartempe, automne - the river gartempe, autumn




Prise le 21 novembre à 10H35 à Rocherolles

Après avoir paressé entre les collines, la Gartempe s'engage, à Rocherolles, dans un étroit passage patiemment creusé. On peut, en basses eaux et à certains endroits, la traverser en sautant de pierre en pierre. Ni pêcheur, ni promeneur en cette saison. Le soleil pénètre difficilement dans l'étroite vallée, que l'on pourrait croire seulement habitée de l'esprit des eaux, qui se chamaille bruyamment avec celui des rochers.

04 décembre 2009

Avant la pluie - before the rain




Prise le 22 novembre à 9H45 à Folles

Oublions maintenant la pluie, en espérant qu'elle nous oublie en retour. Ce n'est qu'un village limousin parmi tant d'autres, avec son cimetière qui compte plus d'habitants que le village lui-même, bâti entre la Gartempe, qui serpente dans la vallée, et la barre sombre du bois des échelles à l'arrière-plan. Mais la vue est trompeuse. Rien n'est moins naturel qu'un paysage: depuis la ripisylve entretenue, jusqu'à la silhouette du bois qui se distingue sur les hauts, en passant par les haies bocagères qui divisent l'espace intermédiaire, tout porte la marque de l'homme, pour ne pas parler des bâtiments. Le "paysage" dérive du "pagus" romain, qui désignait à la fois le pays et ses habitants; le pays habité. Sans l'homme, il n'y aurait ici qu'un couvert d'arbres et de fourrés impénétrables. Ce qui est naturel, ici, et ce qui fait le bonheur d'y vivre, c'est la façon dont l'habitant a agi sur son environnement, pendant des générations, non en confrontation, mais en partenariat.

03 décembre 2009

Jour de pluie 4 - rainy day #4




Prise le 29 novembre à 10H10 au Chatenet en Dognon

Une autre façon de décrire la pluie, c'est de la photographier à travers un pare-brise ruisselant. Cela a l'inconvénient de transformer un excellent objectif en parfait "cul de bouteille", mais donne au paysage une nuance expressionniste - toutefois, même si le décor du pont est ainsi planté, nous sommes encore loin du tableau de Munch (je pense au "Cri").

02 décembre 2009

Jour de pluie 3 - rainy day #3




Prise le 29 novembre à 10H au Chatenet en Dognon

En photographe consciencieux, je suis néanmoins sorti pour photographier "la pluie". Sur un paysage familier, la différence est subtile: l'absence d'ombres, une discrète phosphorescence des choses et un reflet brouillé. Les barques sont en hivernage, et le pêcheurs eux-mêmes ont déserté l'endroit. Vacuité serait peut-être le mot.

01 décembre 2009

Jour de pluie 2 - rainy day #2




Prise le 29 novembre à 9H45

Eh oui, la pluie. Qui fouette la vitre, gomme et lacère le paysage, le transforme en lambeaux à l'horizontale, noyé, écaillé de pleurs, lisible seulement par le souvenir. Je choisirais volontiers ce cliché pour illustrer les derniers couplets d'une des premières chansons de Bob Dylan "North country blues" :

I lived by the window
As he talked to himself,
This silence of tongues it was building.
Then one morning's wake,
The bed it was bare,
And I's left alone with three children.

The summer is gone,
The ground's turning cold,
The stores one by one they're a-foldin'.
My children will go
As soon as they grow.
Well, there ain't nothing here now to hold them.

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