31 octobre 2009

ligne de vie - lifeline




Prise le 27 octobre à 8H14 à la limite des communes de Laurière et de Folles (étang du Pont-à-l'Age)

Il y a tout juste 59 ans, entre deux trains, je poussais mes premiers vagissements dans une maternité de ce qui n'était pas encore la Slovénie. Né en cours de voyage, cela me prédisposait sans doute à devenir casanier; aussi je me reconnais bien dans cette image tranquille et dans ce trait de lumière sans écart, ligne de vie diffuse, moitié brume, moitié soleil, ou plutôt un peu des deux à la fois.
De fait, ce panoramique au grand angle ne fait que replacer les précédentes images dans leur contexte : une belle matinée d'automne en Limousin, et point de mystère; de fait, il n'est guère difficile d'y repérer les sélections faites en longue focale. Trois clichés sans changer de place... Ne serais-je pas, de plus, en train de devenir paresseux ?

30 octobre 2009

un dragon - some dragon




Prise le 27 octobre à 8H16 à la limite des communes de Laurière et de Folles (étang du Pont-àl'Age)

Un proverbe chinois dit que "dans un étang, il n'y a pas la place pour deux dragons". Voici donc, sans nul doute, celui des deux qui a mangé l'autre ! A moins que ce ne soit tout bonnement mon imagination qui me joue des tours ...

28 octobre 2009

la presqu'île - peninsula




Prise le 27 octobre à 8H16 entre Laurière et Folles (étang du Pont-à-l'Age)

La barque peut franchir le cap. Le piéton devra passer par la porte dorée, porte de brume dont nul ne peut savoir si elle même en cette heure matinale au même étang, au monde des diables ou à celui des fées. Pour ma part, je gage que celui qui la franchira d'un bond, les yeux fermés, regrettera fort de ne pas avoir été transformé en canard au passage !

L'esprit del'étang - the ghost of the pond




Prise le 27 octobre à 8H10 à la limite des communes de Laurière et Folles (lac du Pont-à-l'âge)
J'étais presque à court d'images, quand un week-end prolongé et la brume d'automne sont venus à point pour remplir ma gibecière.
Car les fantômes ne se chassent pas la nuit, comme on voudrait nous le faire croire à coup de maisons hantées. Le meilleur moment, pour l'affut, c'est le petit matin, lorsqu'ils sont allés s'abriter de la pluie au fond des vallons et qu'un rayon de soleil vient les tirer de leur torpeur. Ils se lèvent alors pour une brève danse, avant de s'enfuir en bande, comme de grands corps à la dérive, vers leurs hautes demeures.

27 octobre 2009

Minou ! - Kitty !




Prise le à

Nous tous, ou presque, nous aimons les chats...
Et si nous adoptions un instant le point de vue de la souris ?

26 octobre 2009

La poivriere - The pepperpot




Prise le 17 octobre à 11H30 à Lamothe-Fénelon

Les vieillards firent appeler Aristodème: on le chercha dans la foule, où il était confondu avec les derniers du peuple. Il parut tranquille. On lui déclara qu'on le faisait roi. Il répondit:
"Je n'y puis consentir qu'à trois conditions: la première, que je quitterai la royauté dans deux ans, si je ne vous rends meilleurs que vous n'êtes et si vous résistez aux lois; la seconde, que je serai libre de continuer une vie simple et frugale; la troisième, que mes enfants n'auront aucun rang et qu'après ma mort on les traitera sans distinction, selon leur mérite, comme le reste des citoyens."

Fénelon [Télémaque]

25 octobre 2009

les idées noires - the dark thoughts




Prise le 18 octobre à 8H30 vers SaintPierre-Chérignat
Bien alignées sur leur étagère, comme dans un cabinet de curiosités, elles sont là, qui attendent l'insomniaque, vers les trois heures du matin. Il y a les petits agacements, au ras du sol, les démangeaisons de l'esprit; il y a les inquiétudes, encore mal dégrossies, mais dont on devine la tournure générale sous leurs habits qui s'effilochent; il y a les certitudes accablantes, prospérant et croissant nues en pleine évidence; il y a enfin la masse noire des inquiétudes oppressantes, la peur de l'inconnu.
Vivement le grand jour, que ce ne soit plus qu'une haie d'arbres hirsutes, que l'on aperçoit du coin de l'œil en traçant sa route à travers champs !

24 octobre 2009

le clocher du Bugue -Le Bugue's bell tower




Prise le 16 septembre à 7H45 au Bugue
Il n'est là que depuis un instant. Tout à l'heure alors que je descendais de la colline, il était encore noyé dans la brume. Le voici qui s'éveille, dirait-on, réplique solitaire et comme inversée des clochers de Martinville, ces "trois jeunes filles d'une légende, abandonnées dans une solitude où tombait déjà l'obscurité". Celui ci appelle la lumière, sûr de son fait, sûr de la ramener de sa pointe effilée vers les toits plus humbles qu'il chaperonne.

23 octobre 2009

Etable et logis - barn and home




Prise le 18 octobre à 9H45 vers Saint-Pierre Chérignat
On dit, en Creuse, que si les vaches pouvaient voter, les humains, largement minoritaires, auraient du souci à se faire. De fait, coincé entre l'appentis des cochons et la grange-étable des vaches, le logis des humains fait bien piètre figure, encore plus aujourd'hui, où seule la grange-étable bénéficie d'un entretien, le reste étant laissé à la ruine.
Les vaches auraient-elles pris le pouvoir en Creuse sans que personne n'en soit informé ?

22 octobre 2009

la clef - The key




Prise le 10 octobre à 14H45 à Jabreilles-les-Bordes (Le Maillorat)

En 1899, le village du Maillorat a entièrement brûlé, par la faute d'un maladroit qui a échappé une lanterne dans une barge à foin. Certaines poutres réutilisées de ma maison gardent encore la trace de cette catastrophe, en un temps où les assurances n'existaient pas.
Aujourd'hui, le village dispose d'une protection incendie tout à fait intéressante -du point de vue graphique- dans un lieu ignoré de la plupart, sinon de tous.
Ainsi peut-être, se présente la clef du paradis : là où personne ne songerait à la chercher ! mais que faire de la clef si l'on n'a pas la serrure ?

21 octobre 2009

mauvaise graine - bad seeds




Prise le 10 octobre à Limoges à 9H30
Le liseron est le cauchemar du jardinier, et ce d'autant plus que la seule vertu médicinale qu'on lui connaisse est purement -et drastiquement- laxative. N'empêche que certaines espèces, si elles s'arrangent pour pousser au bon endroit, parviennent à s'attirer une bienveillance coupable, grâce à leurs somptueuses couleurs. Ainsi, même si l'habit ne fait pas le moine, du moins peut-il aider à s'attirer la clémence du "ciel". C'est là une constatation tout à fait amorale, et je me garderai bien de la généraliser !

20 octobre 2009

Le coup de l'étrier - One for the road




Prise au Maillorat le 3 octobre à 17H
Allez, une petite dernière avant les gelées ! Ce n'est pas que l'on soit en manque, car cette année, les rehausses des ruches étaient pleines à raz-bord dès la fin du mois d'août. Mais comment résister à une fleur d'automne quand on sait que l'hiver sera bientôt à nos portes ?

19 octobre 2009

le grand chemin - the highway




Prise le 11 octobre à 10H15 à Paulhac
Sur qu'il en a connu des carrioles, ce chemin, en un temps où voyager au delà de sa commune constituait une aventure. Et le voyageur venant du Berry comprenait vite qu'il avait fait le plus facile du trajet, en voyant surgir devant lui les monts de Laurière, et la barre du bois des échelles, qu'il lui faudrait gravir lacet après lacet, à la merci des ornières. Le monde était alors beaucoup plus vaste, mais il n'en était pas plus doux.

18 octobre 2009

A la lueur des phares - fog light glow




Prise le 11 octobre à 8H15 sur la route du Maillorat à Saint-Sulpice-Laurière
Avec les premières feuilles, les châtaignes ont commencé à tomber. Une aubaine pour les sangliers et pour les promeneurs, mais il y en aura plus qu'assez pour tout le monde, même en comptant celles qui seront réduites en farine sous les roues des voitures.

17 octobre 2009

Moi, le vampire - Me, vampire




Prise le 26 septembre à 16H à Saint-Sulpice Laurière

Les vampires, c'est bien connu, ont la propriété de ne pas se refléter dans les miroirs. On peut ainsi reconnaître les plus pauvres d'entre eux à ce qu'ils sont mal rasés, faute de pouvoir payer le barbier.

16 octobre 2009

La lande - the moor




Prise le 11 octobre à 9H, du côté de Bersac

La lande, sur le plateau (de Millevaches), on l'appelle "la durle" : une terre qui ne vaut pas grand chose, tout juste bonne à fournir pâture à des chèvres, au mieux à quelques moutons. Ceux là, qui se groument dans leur coin (de l'occitan groumer: se morfondre), que peuvent-ils bien attendre ? Comme tout un chacun, j'imagine, une herbe plus verte dans leur pré - sans souci pour le photographe qui préfère les tons roux de l'automne.

15 octobre 2009

Les arbres blancs - the white trees




Prise le 4 octobre à 10H à Volondat

J'aurais aimé prendre le chemin des écoliers -avec un bon maître -
Qui m'aurait dit le nom des ces arbres blancs
moitié bouleaux, moitié saules, et que Van Gogh aurait aimés.
Qui m'aurait appris à construire en pierres sèches un mur qui dure plus de cent ans
qui m'aurait montré la trace du chevreuil et du lièvre, et dit les vertus de l'ortie, de la sauge et de la fougère.
Hélas, il me faut aujourd'hui apprendre par moi même, avant d'emmener avec moi mes petits-enfants
sur le chemin des écoliers.

14 octobre 2009

piquets - pegs




Prise le 11 octobre à 10H à Frais-Marais (Laurière?)
Disons qu'il s'agit là d'une commémoration pour toutes les fois où, enfant, je suis "allé au piquet". Ils n'étaient pas électrifiés à l'époque, mais depuis, j'imagine que l'éducation nationale a fait des progrès !
J'ai vainement cherché sur internet, à l'occasion de ce message, l'origine de l'expression "mettre au piquet", avant de la découvrir à l'endroit le plus inattendu : un article pratique intitulé "randonner avec un âne". Il y est expressément indiqué que le randonneur ne doit pas oublier de se munir d'un piquet, pour pouvoir, à l'occasion des étapes ou des pauses, y attacher l'animal, lorsqu'aucun arbre n'est disponible. Il existe même des piquets munis de l'anneau "ad hoc" vendus dans le commerce à des prix pour américains. Nul doute dès lors, que l'expression "mettre au piquet", s'est d'abord appliqué au cheval ou à l'âne du voyageur, pour éviter qu'il ne fasse des bêtises durant les haltes, avant d'être étendu à l'espèce scolaire par nos "hussards de la république".

13 octobre 2009

Toilette rurale - countryside washing




Prise le 4 octobre à 10H30, du coté de Bénévent L'Abbaye

J'ai enfin trouvé la salle de bains de mes rêves : plantée au milieu de nulle part (enfin, en bordure d'un pré), on peut y prendre un bain en toute quiétude, tout en regardant par la baie vitrée les rares voitures qui s'égarent dans ce coin perdu de la creuse !

12 octobre 2009

perdu - lost




Prise le 11 octobre à 10H à Jabreilles les Bordes

N'écoutez pas tout ce que l'on vous raconte à propos du petit poucet et du loup. Un bois est le plus merveilleux endroit où se perdre, en particulier lorsqu'il y a du brouillard et que l'on est en automne !

11 octobre 2009

pêcheur de brume - mist fisherman




Prise le 27 septembre à Saint-Laurent les Églises à 9H15

Le pêcheur de brume ramènera le poisson de brume, plus insaisissable que l'ombre, et lointain parent du poisson d'avril. Sa chair est celle des contes et des rêves; ses écailles, le vent frais de la nuit, par la fenêtre ouverte et sa trainée dans l'eau le pli du drap sur le dormeur qui se retourne.

09 octobre 2009

au bord du chemin - by the path




Prise le 3 octobre à 17H30 à Jabreilles, chemin des Combes au Maillorat

Un jour, un homme a planté le chêne.
Beaucoup, beaucoup plus tard, un autre homme l'a abattu.
Un homme a découpé les planches et les a mises longtemps à sécher.
Un homme a forgé les pentures.
Un autre a raboté les planches, et les a assemblées.
Un homme a peint le volet avant de l'accrocher à la façade de sa maison
repeint année après année, de bleu charrette.
Un homme encore, un autre sans doute, l'a décroché avant de le remiser pour finir dans un coin de la barge.
Longtemps, longtemps après, un enfant l'a découvert, l'a emporté,
il l'a hissé dans l'embranchement d'un gros châtaignier; c'est là qu'il construit sa cabane.
Hiver après hiver, le vent a soufflé, l'enfant a grandi, la cabane, pièce par pièce, est jetée au sol.
Et voici, au bord du chemin, pas moins de trois cent ans de vie d'hommes, pas moins de douze générations.
Les feuilles tombent sur ces temps révolus, comme des pétales de fleurs sur des cercueils depuis longtemps refermés.
Passant au briquet jetable, à l'appareil photo périmé en cinq ans, comment ne pas jeter un humble regard vers le fond de cet abîme, et s'en trouver pris de vertige ?

07 octobre 2009

Alluvions - Alluvium




Prise le 4 octobre à 14H45 à Jabreilles-les-Bordes

De toutes mes tentatives pour peindre un Rebeyrolle à l'APN, celle-ci s'avère la plus aboutie, encore qu'elle pèche un peu par excès de lumière (mais c'était juste avant qu'Ola -le chien- ne patauge dans le ruisseau, et je n'ai pu refaire la prise)...

05 octobre 2009

Le pré de La Ribière - Field of Ribiere's domain




Prise le 22 septembre à 8H 20 à Saint-Sulpice Laurière

Le Château de La Ribière-Tranchecerf vient d'être restauré, dans un style il est vrai assez éloigné de sa rusticité d'origine. Son histoire est très largement documentée dans l'article "http://saintsulpicelauriere.wordpress.com/2009/02/19/la-riviere-tranchecerf/", auquel j'emprunte l'anecdote suivante, qui renvoie au titre de la photo:
On rapporta un dimanche que chez des paysans de Tranchecerf un garçon du nom de Léger se distinguait aux foires et aux marchés par son esprit vif, ses aptitudes à compter, peser et mesurer. Le curé Martin se le fit amener et le jugea favorablement. Il savait compter. Il mémorisait les psaumes à la première audition. Martin lui apprit à lire en quelques semaines, et à écrire. Il envisageait de l’utiliser pour la tenue de ses registres paroissiaux, peut-être même le proposer au séminaire. Tranchecerf, informé de la découverte, rappela à l’homme de Dieu qu’il était seul maître sur les terres de son fief ici-bas, que le jeune par conséquent dépendait de lui et lui appartenait. Il mit ainsi la main sur un sujet extraordinairement doué, capable, réfléchi, sérieux, qui seconda quelque temps le vieux régisseur puis assuma seul la tâche de gérant du domaine de La Ribière.
Tranchecerf n’eut qu’à se louer des services de son jeune baile. Les laboureurs l’acceptaient car il connaissait leurs peines et se montrait secourable chaque fois qu’il le pouvait. Le blé et les chapons convergeaient sans à-coups vers le château à l’échéance de la Saint-Michel et le seigneur n’en demandait pas davantage. Léger sut ainsi se faire aimer de tous. De tous.
On sait de source également sûre qu’aux temps bibliques Joseph résista aux avances de Madame Putiphar, la femme de son employeur égyptien, laquelle se vengea en le faisant mettre en prison. Autres temps, autres mœurs. Madame Tranchecerf était avenante, le jeune baile beau garçon; il avait été engagé pour s’occuper des biens du maître et les faire fructifier. Il était donc en paix avec sa conscience professionnelle. Ils vécurent une passion qui se termina hélas par un drame sentimental. Le mari les surprit. Il n’apprécia pas l’excès de zèle de son employé. Il le chassa du château en l’expédiant dans l’autre monde pour être sûr qu’il ne reviendrait pas.
L’affaire fit grand bruit. On pleura au château et il y eut des murmures de réprobation dans les chaumières. L’écho en parvint aux oreilles du marquis. Laurière commença par se gausser de la mésaventure de son vassal ; il épilogua sur l’inconstance et l’infidélité des femmes, estima que le cocu, réputé pour son ardeur à trousser les bergères, recevait de la Providence et du bâton un juste retour. Tranchecerf fut convoqué pardevant son suzerain qui l’appela Bois-de-cerf et, usant de ses droits de haute justice, appliqua dans toute sa rigueur la peine méritée selon le barème et la coutume : Le seigneur de La Rivière fut condamné à céder à la famille de sa victime, en franche propriété, une terre du replat portant bon an mal an vingt boisseaux de blé seigle, mesure de Laurière. Cette terre, la famille Bayle se la transmet en héritage de génération en génération et n’envisage pas de s’en défaire. Elle est référencée au parcellaire napoléonien : La Piau de Léger, labour, 0ha 82a 15ca.

02 octobre 2009

Par la meurtrière - throught the arrow slit




Prise le 16 septembre à 16H à Castelnaud

Lorsqu'ils ont construit Castelnaud, les anglais n'avaient pas encore inventé le bow-window, mais ils avaient déjà une bonne idée de ce que peut être un panorama !

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Contacts : Maxime Gaillard